publié le: jeu, mai 24th, 2012

Lettre ouverte au Premier ministre du Québec

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Depuis maintenant 100 jours les étudiants québécois manifestent contre l'augmentation des frais de scolarité

Monsieur le Premier ministre, je vous fais une lettre que vous ne lirez pas, quand bien même vous en auriez le temps.

Il y a dix ans, on m’a fait venir à l’Université de Montréal pour contribuer à l’excellence en enseignement et en recherche en bio‐informatique, un domaine émergent particulièrement important pour la médecine moléculaire. Pour me faire quitter mon poste de directeur de recherche au CNRS en France, on m’a offert une chaire de recherche du Canada, qui non seulement me fournissait des fonds pour effectuer mes recherches, mais aussi une prime de 30 000 $. Mieux encore, le gouvernement du Québec m’a exonéré d’impôt provincial pendant les cinq premières années. J’aurais dû me méfier, mais les scientifiques sont fort naïfs. Comment considérer qu’un gouvernement est sérieux dans son support à l’université quand il exonère d’impôts les plus riches, mon salaire étant en effet d’environ 100 000 $ ?

En fait, ces considérations financières avaient peu d’importance. L’excellence universitaire, exercice humain très demandant et très délicat, nécessite avant tout un cadre favorable. J’étais donc attiré par un environnement de recherche humainement riche au département de biochimie, et par le Québec, un pays démocratique, respectueux des droits, avec un enseignement de qualité, où il faisait bon vivre. Même si cette vision idyllique s’est un peu modifiée au fil du temps, je n’ai jamais envisagé de revenir en France. Non seulement j’ai payé mes impôts provinciaux avec plaisir il y a cinq ans, mais j’ai aussi choisi de transformer la prime en subvention de recherches pour recruter des étudiants supplémentaires. Bref, tout allait bien jusqu’il y a 100 jours.

Avant de revenir sur ces 100 funestes jours, je tiens à vous indiquer, Monsieur le Premier Ministre, en utilisant un langage économique que vous affectionnez, que mon retour sur investissement est excellent. Mon immodestie, qui est probablement la seule chose que je partage avec vous, n’en souffrira pas. Excusez-­moi pour la nécessaire technicité de ce paragraphe. Le principal critère pour évaluer la recherche fondamentale est le nombre de publications, surtout dans les meilleures revues scientifiques (seules les publications dans les revues Nature et Science sont prises en compte dans le célèbre, bien que critiquable, classement des universités réalisé, par exemple, par l’Université de Shanghai), et le nombre de citations. Avec une petite équipe et des moyens financiers relativement modestes, notre travail s’est traduit par quatre publications dans Nature et Science (l’Université de Montréal dans sa totalité en a publié 49 depuis 2003) et a reçu plus de 1000 citations en 2011. Demandez à vos experts, vous trouverez très peu de chercheurs au Canada, voire aux États-­Unis, ayant une productivité aussi grande, c’est-à­-dire un impact scientifique par dollar investi. Je pense donc avoir rempli ma part du contrat et contribué à l’excellence de la recherche scientifique québécoise.

Depuis 100 jours, tout a changé pour moi. Un mouvement étudiant, massif, démocratique, a soulevé une question primordiale, les frais de scolarité universitaire que votre gouvernement a décidé d’augmenter de 75% sur 5 ans, paraît-­il pour favoriser l’excellence dans la recherche. Faire payer aux étudiants la recherche de pointe, est-­ce une bonne idée ? 100 jours de grève étudiante et aucune négociation, ou si peu. Pire encore, 100 jours de grève étudiante et quasiment aucun débat sur cette question. Tout a été fait pour parler d’autres choses que de l’excellence en enseignement et en recherche. Est-­ce un boycott ou une grève ? Une vitrine brisée par ci, un parcours non annoncé par là. La condamnation de la violence par les associations étudiantes est-­elle suffisante ? En même temps, malgré des blessés graves, nous n’avons jamais entendu le gouvernement appeler à limiter la violence policière, j’y reviendrai.

Monsieur le Premier Ministre, pourquoi donc le Québec et le Canada recrutent­‐ils les chercheurs d’excellence préférentiellement dans des pays où l’éducation est gratuite, ou à tout le moins très peu chère, comme la France, la Chine, l’Allemagne, l’Argentine, l’Autriche, l’Inde ou la Russie ? Pourquoi les recrutements n’ont-­ils pas lieu dans les pays où les frais de scolarité sont très élevés, comme les États-­Unis d’Amérique ? Pourquoi ces mêmes États-­Unis sont-­ils contraints de recruter autant d’étudiants et de professeurs à l’étranger si leur système d’éducation très couteux pour les étudiants est si performant que le Québec se doive de l’imiter ? Sans prétendre résoudre ce paradoxe, je peux apporter quelques éléments de réflexion. En transformant les étudiants en clients, on introduit plusieurs moyens de pression permettant de dégrader fortement l’excellence de l’enseignement, et par là même l’excellence de la recherche, qui rappelons-­le repose avant tout sur les étudiants. Les clients achètent leur diplôme, et ils s’attendent donc à l’obtenir, même s’ils n’ont pas le niveau. Ensuite, l’université a tout intérêt à garder ses clients, puisqu’ils constituent leur principale source de financement. La pression se transmet aux professeurs, qui doivent réduire le taux d’attrition au maximum. Dans ces conditions, pourquoi faire échouer un client à un examen, puisque cela réduirait les ressources de notre département et de notre université, allant à l’encontre de l’intérêt du professeur ? Les professeurs, qui, vous l’avez peut-­être oublié, Monsieur le Premier Ministre, sont avant tout des êtres humains, se trouvent tous les jours face à des étudiants, qui sont aussi des êtres humains, mais des êtres humains luttant pour survivre dans un monde où les richesses sont de plus en plus accaparées par une petite minorité. Comment, humainement, peut-­on refuser un cours à un étudiant sérieux qui a travaillé fort et qui s’est lourdement endetté, mais qui est juste en dessous du niveau requis pour satisfaire aux hautes exigences du savoir intellectuel actuel ? Comment peut-on, humainement, laisser un jeune avec une grosse dette et sans diplôme ?

Aucune des pressions induites par le clientélisme unive

rsitaire n’est à elle seule décisive pour dégrader la qualité de l’enseignement. Mais elles vont toutes dans ce sens et il y a fort peu mesure gouvernementale pour soutenir l’excellence dans l’enseignement, la bonne volonté des étudiants et des professeurs nous préserve, pour combien de temps encore, du naufrage. Aux États-­Unis, où les études sont très chères depuis longtemps, les notes finales d’un étudiant sont corrélées positivement avec le montant des frais de scolarité, est‐ce bien sérieux ! La dette étudiante y est actuellement de plus de mille milliards de dollars, et l’enseignement est déjà sévèrement dégradé. Une question cruciale est de savoir comment elle sera remboursée, si tant est qu’elle puisse l'être. Monsieur le Premier Ministre, oui, la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire est très complexe et ne peut pas se résoudre par une loi spéciale, mais par un large, long et difficile débat démocratique.

Débat démocratique, mais quel étrange concept viens­‐je d’évoquer ? La démocratie semble se résumer, pour vous, au seul dépôt dans l’urne d’un bulletin de vote tous les quatre ans. Mais comment croire que l’on puisse décider intelligemment de toutes les questions complexes auxquelles notre monde est confronté par un seul bulletin ? Quel n’a donc pas été mon désespoir quand une association étudiante, la CLASSE, a été vilipendée, insultée, trainée dans la boue parce que ses représentants respectaient le mandat qui leur avait été confié lors de votes démocratiques ! Quelle horreur, des élus qui refusaient d’abuser de leur pouvoir, qui refusaient de faire passer leur opinion personnelle en lieu et place de celle des gens qu’ils représentaient, et outrage inimaginable, osaient affirmer qu’ils allaient consulter leur base ! Monsieur le Premier Ministre, comment puis‐je accepter de voir ainsi bafouer les principes fondamentaux de la démocratie par un gouvernement censé oeuvrer pour l’épanouissement de la démocratie ?

La vraie démocratie, qui n’est pas la dictature de la majorité, doit mettre en oeuvre de multiples systèmes, des contre-­pouvoirs, pour garantir les droits de tout un chacun. Comment peut-­‐on respecter les minorités, si seul un vote tous les quatre ans est considéré comme suffisant ? Or, du fait du baby boom, les jeunes, les étudiants, constituent une petite minorité au Québec. Il y a plus de personnes de plus de 75 ans que de jeunes de 15 à 19 ans, fraction de la population qui de toute façon n’avait pas le droit de vote lors des dernières élections. Il y a seulement 500 000 jeunes de 20 à 24 ans, mais plus de 2 millions d’ainés âgés de plus de 65 ans. Dans un tel contexte, et sans un long débat, quelle est la chance de faire passer l’idée d’études universitaires presque gratuites garantissant l’excellence de l’enseignement, alors que l’impact concret d’un tel choix servira l’intérêt des Québécois dans 10, 20 ou 30 ans, avant l’idée d’une baisse immédiate des impôts ?

Cent jours de lutte menée par des centaines de milliers de jeunes Québécois n’ayant comme seul pouvoir que des manifestations pacifiques et le sacrifice de leur propre session. Et quelles réponses le puissant gouvernement québécois a-t-il fourni ? Le mépris, l’absence de dialogue, la répression et maintenant une loi spéciale qui réduit la liberté d’expression de tous et qui laisse à la police, et bientôt peut-­être à l’armée, le soin de régler la question de l’excellence universitaire. Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour imaginer la violente répression qui sera nécessaire pour arrêter un mouvement si profond, si massif, si motivé. Chaque fois que mes enfants, ou leurs amis, sortent le soir, c’est avec la peur au ventre que j’attends leur retour, sursautant à chaque coup de téléphone qui pourrait m’annoncer la perte d’un oeil, un traumatisme crânien, voir pire. Oui, je sais, la police fait un métier difficile, oui il y a de très rares casseurs qui veulent en découdre et se cachent parmi la foule, oui il y a maintenant beaucoup de fatigue. Les conditions sont réunies pour que de graves bavures se produisent. Monsieur le Premier Ministre, agissez pour qu’elles ne se produisent pas, soutenez les policiers qui font bien leur travail et condamnez ceux qui abusent de la violence, comme par exemple à la brasserie Saint-­Bock. Croyez-­vous vraiment que poivrer des touristes va permettre de recruter des chercheurs d’excellence et de former d’excellents étudiants ?

Cent jours de lutte à mains nues face à un pouvoir sourd, autoritaire et violent, peuvent-ils s’expliquer seulement par la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire ? Que nenni. La jeunesse sent bien, voit bien que notre modèle de société est en train de s’effondrer ; tous les marqueurs sont au rouge : un environnement social dégradé, marqué par une montée indécente des inégalités ; un environnement biologique dégradé, avec une disparition accélérée des espèces et des écosystèmes ; un environnement physique dégradé, avec le réchauffement climatique et les multiples pollutions chimiques ; un épuisement généralisé des ressources, qui oblige à exploiter à grands frais les sables bitumineux, les gaz de schiste, les métaux au fond des océans ou dans le Grand Nord ; un système financier démesuré, mais qui ne survit qu’à force de subventions, générant une dette publique impossible à rembourser. Ces cent jours de lutte sont un extraordinaire cri de désespoir de notre jeunesse, désespoir qui s'est cristallisé sur la question des frais de scolarité, mais qui dénote un très profond malaise sociétal.

Le Québec est le premier pays riche à prendre massivement conscience du mur dans lequel nous sommes en train de nous enfoncer avant que la crise économique se manifeste de manière évidente comme en Grèce ou en Espagne. Monsieur le Premier Ministre, vous avez l’opportunité extraordinaire de disposer d’une jeunesse courageuse, innovante, politisée, prête à explorer un nouvel avenir qui nous fera éviter tous les graves dangers évoqués plus tôt. Ou alors, souhaitez-­vous choisir l’obstination, l’aveuglement, la répression, la violence et m’obliger à vivre dans un autre pays où la démocratie, l’éducation, la nature… Bref : la société humaine, pourront s’épanouir ?

Hervé Philippe
Professeur titulaire,
Chaire de Recherche du Canada en Bioinformatique et Génomique Evolutive,
Département de Biochimie – Université de Montréal

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Affiche 54 Comments
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  1. Sûrement une des lettres ouvertes les plus pertinentes que j’ai lu depuis longtemps. En effet, tout le débat contre la hausse des frais de scolarité devrait s’axé sur la qualité de l’éducation et sa fonction dans la société plutôt que de rester confiné à l’accessibilité et l’état des vitrines.

    La CLASSE tente d’amener ce débat depuis les tout début mais il semble que les médias ne sont pas intéresser à cultiver un débat qui remet ultimement en cause la totalité de notre société.

    Il faut dire aussi que les instances démocratiques présentement ne permettent pas vraiment de réfléchir en société pour prendre les meilleurs choix. À quand une démocratie directe généralisée, des Assemblées Citoyennes dans chaque quartier?

    Les jeunes sont porteurs de lumières en ces temps obscurs.
    Tout comme cette article.

    -Frédéric Viau

  2. Tout simplement MERCI

  3. Auric Néron dit :

    En tant qu’étudiant du secondaire, je vous remercie, Monsieur Philippe. Je ne puis dire autre chose que celle-ci : Vous avez gagné mon respect. Tout mon respect, je tiens à le souligner.

  4. Daniel Roy dit :

    Le contexte démographique dans le poids de l’échelle des valeurs mise de l’avant dans la politique québécoise est un point trop peu soulevé. Malgré l’appui d’une partie des babyboomers, construisons nous un Québec pour l’avenir de sa population ou dans l’attente de la mort d’une génération gavée à même les richesses des générations qui la suivent? Cette opposition dichotomique peut paraître radicale, mais lorsque l’on s’attarde à la manière dont les décisions sont prise, la réponse crève les yeux… malheureusement. Merci pour votre prise de position et lecture de la situation Monsieur Philippe.

  5. Merci !

    Je suis convaincu, je penchais 50/50, mais vos arguments sont parfaitement éclairés et éclairants; je suis dans la mi-trentaine, je suis un pro. dans mon domaine, je suis de centre-droite, j’en avais rien à cirer…

    De votre vision d’immigrant (de luxe) sans aucune méchanceté. Vous avez vu juste.

    Vivement qu’un proche de M. Charest l’oblige à la lecture de votre lettre.

    Christian Pelletier
    Ville de Québec

    • stephane dit :

      merci d’être à l’écoute de ne pas avoir peur de changer d’idées devant de bons arguments. c’est tout a votre honneur.

  6. Merci M. Philippe. Chaque jour je suis étonnée d’entendre de nouveaux arguments, pertinents, pour expliquer au gouvernement qu’il a tort. Je suis étonnée parce que je crois chaque fois avoir vraiment fait le tour de la question. Votre point de vue de scientifique et professeur recruté à l’étranger est très éclairant.

  7. Christian Pelletier dit :

    M. Hervé Philippe

    Avec le salaire que vous touchez, votre carrière qui doit vous passionner aussi…

    Le Québec aurait besoin d’un homme comme vous dans les plus présent dans les médias et même mieux, au niveau politique, pour enligner les débats et nous tracer un chemin…

    Je crois fermement qu’après avoir passé votre flambeau scientifique à vos meilleurs étudiants, que vous devriez songer à vous placer dans un des partis politiques, où même, pourquoi pas, dans créer un ou des MODIFIER un.

    Je sais, la tâche que je vous propose ici est imposante, mais moi aussi, je n’est pas lus d’arguments aussi forts et pesants que les vôtres depuis des lunes.

    Merci.
    Continuez de réagir, vous êtes une tête forte, dans le vrai sens du terme !

  8. nathalie dit :

    merci vous avez mis des mots justes sur ce que je ressens par rapport à tout ce qui se passe en ce moment.

  9. Stephanie B. dit :

    Monsieur Philippe, merci . Votre lettre est admirable .

  10. Je voulais simplement vous dire merci. Sincèrement merci de cette lettre et de votre soutient. C’est ce genre de texte qui me redonne du courage et de la force de continuer jour après jour de manifester tout en restant pacifique.

  11. Merci Ça faits du bien de vous lire.

  12. Merci beaucoup. Votre texte est rempli de sagesse. Je suis une mère et une grand-mère avec quatre (4) étudiants à charge et en devenir.Agée de 60 ans, moi-aussi j’ai le coeur touché par les étudiants. Ils ont mon appui et mon admiration.Je suis inquiète de la radicalisation du gouvernement Charest et de la grande violence policière.Certains de droite souhaitent l’armée. Pour plus de brutalité?Pour écraser nos jeunes et leurs appuis? Non, nous sommes avec eux et nous nous tiendrons debouts à leur côté.Merci.

    • je suis entièrement d’ accord avec vous ma chère dame .

      J’ai 71 ans et je soutiens de tout coeur et financièrement les étudiants qui aspirent à des jours meilleurs pour notre société qui a été trop longtemps laissée dans les mains d’exploiteurs et de profiteurs.
      bonne journée

  13. Le Québec n’est pas un « pays », comme le dit M. Philippe, mais une province canadienne. Et au Canada, les frais de scolarité ne sont pas gratuits. Les Québécois paient les frais de scolarité les plus bas au Canada et ne peuvent continuer ainsi que grâce aux transferts fiscaux massifs des autres provinces. Si les Québécois veulent réformer leur système de taxation provincial (qui est un fardeau sans égal en Amérique du Nord et qui provoque une nette émigration vers l’ouest tous les ans), alors super. On peut négocier. Les autres Canadiens qui financent le Québec seront d’autant plus ravis. Mais si la province de Québec veut continuer à vivre au-dessus de ses moyens, et, en même temps, à faire appel aux autres Canadiens pour financier son train de vie démesuré, alors il va falloir qu’elle fasse des efforts réels. 325 dollars de plus par an, étalés sur sept ans, avec une augmentation des bourses et des prêts gouvernementaux, n’est pas exactement ‘injuste’. Dans le système actuel, les plus riches bénéficient le plus car ils ne paient pratiquement rien (en comparaison avec leurs moyens personnels). Sous le nouveau plan, ils seraient obligés à payer une plus large part du gâteau commun.

    Une majorité de Québécois n’appuie pas les manifestations étudiantes et, semblerait-t-il, les étudiants eux-mêmes sont indifférents car une nette majorité n’est pas en grève, et ce depuis le début de cette dispute.

    • Alex G. dit :

      Au Québec nous sommes la province la plus Taxé… nous payons 2 fois ce que le restes de provinces paie une seul fois, alors comment est-ce que nous devrions payer autans nos services, quand nous payons déjà le double de taxes et d’impôt!? Personne ne pense à ça?

      • Lény R dit :

        Sans oublier que vous êtes l’une des provinces où le salaire moyen est parmi les moins élevés du Canada. Vous payez plus d’impôts, cela a des conséquences sur le salaire net en bout de course. Mais cela justifie aussi que vous ayez des frais de scolarité moins élevés que dans le reste du Canada selon moi. Les institutions publiques étant en grande partie financer par les prélèvements obligatoires. On ne peut pas payer plus d’impôt que tout le monde avoir un salaire moins élevés que les autres par rapport à ça et payer un service public au même prix.

      • Martin Picard dit :

        C’est désolant que nous soyons les plus taxés, que nous payons plus d’impôts…. mais malheureusement, nous réussissons tout de même à dépenser plus que ce que ces taxes et impôt rapportent dû à une mauvaise gestion et un mauvais sens des priorités.

        Je suis pour des frais de scolarité moins élevé que l’augmentation prévue par Charest, mais je crois que les étudiants auraient dû accepter la dernière offre (qui favorise l’accès aux études pour les plus pauvres) et qui organisait un forum de discussion sur le sujet des frais de scolarité. Charest ne sera plus au pouvoir l’an prochain (je l’espère) et le prochain gouvernement pourra revenir sur la question suite aux résultats du forum.

        IL FAUT plutôt regarder autour, et manifester-éduquer-faire bouger l’assainissement des finances publiques sur les VRAIES dépenses du Québec, les frais de scolarité sont des « peanuts » comparé à l’imposition des entreprises, les dépenses en santé, le trop grand pouvoir des syndicats qui crée des salaires beaucoup trop élevés dans les secteurs publics (ce qui fait exploser les coût de l’Éducation et de la Santé pour ne nommer que ceux-là)

    • ludovic dit :

      La majorité prend parfois plus de temps a comprendre que la minorité,qui elle a faim de changement ,voilà tout.
      Et qui dit faim dit prenre les moyeins.De nombreuses majorités ont fini par comprendre leur erreur,demandez au Gay ,Noir ,Femme,Pauvre ,ect,qui ont réclamé longtemps une justice ignoré par une majorité.
      Ce gouvernement compte plus de 70% d’insatisffaction,et avec raison, alors je me demande pourquoi être si convaicu que cette fois ci ,il agit avec intéligence et discernement?
      Cher François bon été et merci de ce petit exercice démocratique .

    • Serge Petit dit :

      Oui! le Québec est un pays…beaucoup plus que le Canada qui est le 53 ième états américains !!! Nous avons une culture que les canadiens chercheront encore longtemps…ah! oui ils ont la reine d’Angleterre convoité par les américains ..eux qui n’en ont pas …les pauvres !

    • Jean dit :

      C’est drôle à quel point ce sont toujours les mêmes arguments qui reviennent dans le camps des gens comme vous François. C’est dommage parce que le débat pourrait être bien plus intéressant si votre opinion était basée sur des faits plus éclairés.. Si la majeure partie des étudiants n’est pas en grève, cela ne signifie pas pour autant qu’elle ne la supporte pas. J’étudiais en actuariat lors de la dernière grève généralisée en 2005 et bien qu’il n’était pas question de perdre une session entière, nous avons manifesté notre appui en sautant deux jours de cours. Selon les statistiques, notre département n’était pas en grève pourtant, nous appuyions massivement le mouvement de protestation.

      Soyez plus consciencieux dans votre processus d’argumentation et vérifiez donc quel est le pourcentage d’étudiants ayant participé à au moins une journée de grève durant la présente période de protestation. Vous aurez une idée plus exacte de support que portent les étudiants à ce mouvement.

    • Charles RR dit :

      La majorité étudiants ne sont pas indiffèrent, contrairement a ce que les médias de masses veulent vous faire croire: plusieurs étudiants, qui n’étaient pas en grèves, prirent part a plusieurs manifestations, vont marcher le soir, prennent une position claire pour appuyer leur et consoeurs qui ont choisi la d’aller grève.

  14. Excellent texte, merci! Vos propos confirment l’analyse que mène Normand Baillargeon sur la mutation de l’université en corporation dans « Je ne suis pas une PME ». On peut lire mon compte rendu-de cet ouvrage sur mon blogue: http://vitamimpenderevero.wordpress.com/

  15. Merci. Excellente lettre.

  16. Apres une lettre comme ca qui doutes encore qu’on puisse avoir besoin d’états généraux sur l’éducation au Québec?..Monsieur le premier ministre vous n’avez pas le droit de changer la philosophie actuelle des études universitaires sans au prealable que la population se prononce ….

  17. Je vois, Jean, que vous niez pas le fait que le Québec est un fardeau pour les autres Canadiens. Qui plus est, son train de vie est bien au-dessus de ses moyens. Bon, il y a eu du progrès. Maintenant peut-être que les indépendantistes qui s’insèrent sans cesse dans le débat pourraient nous expliquer comment un Québec indépendant est censé maintenir son niveau de vie actuel (y compris les frais de scolarité les plus bas au Canada) compte tenu du fait que les milliards de dollars transférés des autres provinces de façon annuelle ne seront plus là comme support…

    Dans tous les sondages, sans exception, une forte majorité de Québécois n’appuient pas la cause étudiante. Ils soutiennent, par contre, une hausse raisonnable dans les frais de scolarité. Par rapport aux étudiants eux-mêmes, à McGill, 38 étudiants sur 37,000 font grève. 38! A Concordia, le nombre s’élève à environ 12,000 sur 40,000. A l’Université de Montréal, une grande majorité d’étudiants continue à assister aux cours. Ce sont les faits, que cela vous plaise ou pas.

    • Annie P; dit :

      Cours de Philo 1, Cégep. Les sophismes, ces arguments fallacieux qui, dans une belle mise-en-forme, donnent l’impression de vérité, mais qui en fait, n’ont aucune valeur. Un des plus intéressants: l’appel à la majorité. « 75% des étudiants ont fini leur session » So Fuckin’ What: ils étaient 300 000 en grève le 22 mars. Si les associations étudiantes en grève comptent des verts parmi leurs rangs, l’inverse est aussi vrai chez celles qui sont retournées en classe…

    • anne dit :

      Francois, n’as tu pas songer au contraire…que le québec verse aussi d’énorme sommes au gouvernement du canada…

    • Saviez-vous que les frais de scolarité est un des meilleurs investissements financiers du gouvernement? Un dollars investit en éducation rapporte, selon les chiffres avancés, de 5,3 à 7 dollars à long terme. Pourquoi? Parce que notre taux d’imposition fait en sorte que les diplômés universitaires paient entre 330000 et 500 000 dollars de plus en impôt durant leurs vie qu’une personne qui n’y a pas été diplômée. Alors on ne peut pas se permettre d’en perdre, de futurs diplômés quand seulement une perte de 1000 diplômés par année ferait perdre à long terme entre 330 M à 500 M par année à notre état…
      L’éducation c’est non seulement une valeur inaliénable, mais aussi la vache à lait d’une société comme le Québec, où l’État providence et le haut taux d’imposition rentabilise l’investissement.
      Et ici je ne parlerai pas de votre calcul bidon et de votre argument non chiffré de la péréquation. Je vais me garder une gêne…

    • Henri Gazeau dit :

      Cher ami, pourquoi insinuer que les «indépendantistes» usurpent leurs droits en «s’insérant sans cesse dans le débat»? Ne sont-ils pas des citoyens à part entière? En démocratie, chacun n’a-t-il pas le même droit de s’exprimer? Du reste, les «indépendantistes» sont souvent bien plus informés et engagés que la moyenne. Faut-il le déplorer ou s’en féliciter?

      Entre autres choses, ils ne prennent pas pour agent comptant tous les sondages, derrière lesquels se cachent souvent des intérêts privés. On ne vous apprends rien, j’espère?

      Votre interlocuteur, «Jean», n’a rien admis du tout dans sa réponse à votre commentaire. Vous, par contre, vous reprenez votre marotte : «les Québécois sont de petits gâtés et les autres Canadiens ont bien raison d’accepter leur propre sort». Tant qu’à comparer les provinces, pourquoi ne pas faire l’éloge du modèle économique de l’Ouest, basé sur le pétrole et le saccage de l’environnement?… Dans une vision holistique de la société, tout est lié, vous savez.

      Mais revenons à vos irritants immédiats. Ce qui vous empêche de prendre du recul, c’est la polarisation fortement médiatisée du problème entre les étudiants et le gouvernement. Convenez que les responsables des universités doivent s’asseoir aussi à la table. Leur gestion est fortement sujette à caution, aussi attendent-ils que les choses se tassent, à coups de matraques si nécessaire.

      Les propositions des étudiants (car ils en font, quoi que prétende la ministre) pointent sur l’affectation croissante de fonds PUBLICS en faveur :

      1) de recherches qui bénéficient essentiellement aux entreprises PRIVÉES, trop contentes de profiter d’une expertise dont l’acquisition ne leur a pas coûté bien cher (ce sont les contribuables ou les droits exigés des étudiants étrangers qui l’ont permise);

      2) de la promotion de l’image des universités et des salaires de leurs cadres, plus ou moins en rapport avec leurs mérites réels.

      Les conditions d’enseignement, elles, se dégradent. Il est normal que les étudiants et les enseignants se plaignent : l’université est avant tout un lieu d’enseignement, pas un moyen pour les entreprises de capter la manne publique à leur profit.

      Dans ses propositions, le gouvernement se garde bien de souligner ce problème de détournement de l’argent des Québécois. C’est ce qu’on appelle la privatisation en douce, cher monsieur.

      Je suis Canadien d’adoption depuis 22 ans, vivant au Québec. J’y paie mes impôts depuis le début et je fais ma part dans mon milieu. Il n’y a pas que les hivers qui se raréfient, depuis 22 ans : tout se réchauffe, y compris socialement. Si les Québécois, traditionnellement paisibles (comparativement à leurs cousins français) lancent aujourd’hui des signaux d’alarme, ce n’est pas par caprice ou pour se désennuyer.

      En ce point du globe comme en d’autres, le néolibéralisme et la marchandisation sans frein provoquent des symptômes que seuls les profiteurs irréfléchis traitent à la légère. Ne faites pas comme eux : informez-Vous, prenez de la hauteur et ne balayez pas trop vite les arguments qui vous dérangent.

    • LEloup dit :

      Pourquoi rester arrogant !!!

      Que tu soit canadien ne me dérange (tant fait pas on les accepte au Quebec ! Par-contre met des arguments au lieu de me piler sur les pieds sinon pourquoi m’ostiner avec un canadien ! miss bon je suis certain que tu profite des garderies ! * C’est quebecois ca tu le savait !

      Merci pour la lettre Mr Phillipe

      Je suis un travailleur de la construction parce que j’ai pas eu la chance de m’éduquer à l’université. Plus jeune 15 ieme de 16 enfants j’eu à travailler tôt pour aider la famille et mes prochain de la famille (enfants) Toute ma vie je prône pour l’éducation gratuite qui ferait un Quebec fort sur la place international. J’ai la mentalité aide le plus jeune et le jeune t’aideras lorsque tu ne pourras plus le faire dus à la viellesse

  18. Monsieur le Président
    Il faut que je vous dise
    Ma décision est prise
    Je m´en vais désobeir
    Prévenez vos gendarmes
    Que je n’aurai que mon carré rouge
    Et qu’ils pourront me poivrer, me gazer, me matraquer et m’arrêter.

    Excellent article qui met en mots mes pensées.

  19. marie dit :

    C’est le meilleur texte que j’ai lu depuis ces 100 jours. Le plus éclairé et démocratique. MERCI MERCI, GÉNIAL

  20. Éric Lucas dit :

    Remarquablement juste M. Philippe.
    Merci pour ce cri du cœur.
    À diffuser largement surtout auprès de ceux qui appuient aveuglement le gouvernement et sa loi spéciale.

  21. Excellent article, monsieur Philippe, que je vais tenter de transmettre à mes enfants, qui ont terminé leurs études, mais que cette lutte questionne.
    Personnellement, de voir tout ces jeunes manifester, alors qu’on les croyait seulement capable de surfer sur leur ordi et se parler par twit, me rempli de joie et d’espoir.

    De plus je les trouve très argumentés et quoique qu’on dise très démocratiques. Je souligne le courage et le savoir-faire de leurs leaders. Ça me donne le goût de reprendre le flambeau.

    Dans les faits tous les baby-boomers ne vivent pas dans le luxe ou l’attente d’une retraite dorée… De même, beaucoup de baby-boomer se sont battus pour obtenir les droits et avantages actuels de la société, J’en ai fait des grèves et des manifs pour améliorer les conditions de travail des éducatrices en garderie. On nous traitait d’utopistes, et de mots plus durs. Maintenant ça coûte $7/jour et les salaires sont un peu plus potables. Qui aurait cru????

    Ce n’est pas un début… mais continuer le combat.

    Votre article me fait du bien.

  22. Merci, merci, merci :)
    Que dire de plus, je m’empresse de le partager en souhaitant que beaucoup d’autres gens lisent ce message…

  23. Annie Mercier dit :

    Tout simplement MERCI m. Philippe.

  24. L. Thibaudeau dit :

    Respectueusement MERCI M. Philippe.

    Je crois que ce qui se passe est un débat sur des valeurs très divergentes.

  25. David Leblanc dit :

    WOW ! Vraiment pertinent ! Je suis content que vous ayez parlé de la sorte ! Cette article est vraiment très juste ! Je partage moi aussi ! Je suis content de voir que comme moi beaucoup de professionnelle supporte les gestes des étudiant et étudiante ! Quand je vois les premiers ministre ne penser que pour les grandes compagnies et de ne laisser que des miettes à notre jeunesse dont je fais encore partie je me demande ou nous allons ! Mais lorsque je vois la génération qui me suis ce lever et crier le scandale, je suis rempli d’espoir et souhaite voir notre grand pays (le Québec dans le Canada ou le Québec sans le Canada) devenir encore meilleur et de le voir réaliser qu’il peut bientôt devenir un leaders mondial dans le monde à cause de ses ressources (dont l’éducation de qualité) ! MERCI de tout mon coeur je me sens un peu moins seul et un peu plus profondément Québecois !

  26. Philippe dit :

    Tout simplement excellent. Souhaitons que quelques personnes au PLQ prennent conscience de votre lettre ouverte et la communique au Première ministre.

  27. Yves Duhamel dit :

    Excellent arguments, cependant là où la ta liberté est brimée la mienne arrête. Les actions entreprises lors de cette grève ont brimées leslibertés d’autres citoyens. Est-ce que leur droit est moindre que celle des citoyens plus instruits? Je crois que le gouvernement a essayé de ngocier mais le leadership étudiant a manqué de courage pour défendre ce à quoi il avait consenti. S’il n’y avait pas consenti c’est d’intégrité qu’ils ont manqués face aux représentants du gouvernement. La Loi 78 va u peu loin, mais j’aimerais que l’on me nomme les leaders étudiants crédibles avec lesquelles le gouvernement peut négocier. Et en passant lorsque je vois la façon dont les manifetants sont traitésen France, je crois que nous n’avons pas de leçons à recevoir de nos cousins français.

    • Cher Monsieur Duhamel,

      Les leaders étudiants n’ont manqué ni de leadership ni d’intégrité. Ils ont référé à leurs membres tel que la démocratie le commande. Je réitère mon appui le plus complet à nos leaders élus démocratiquement par nos instances étudiantes.

  28. Hermil LeBel dit :

    Excellent propos que l’imposteur valet de Paul Desmarais n’aura jamais l’initiative de lire car il se moque de tout et de nous. Il s’agir là d’une pathologie commune aux pervers narcissiques qui souvent s’avèrent être de dangereux manipulateurs.

    Permettez-moi cependant de garder une sérieuse réserve lorsqu’il est question de réchauffement climatique http://is.gd/iwvqnd

  29. Colette Fallu dit :

    MERCI, monsieur Philippe!Votre point de vue de scientifique et professeur est très éclairant. Monsieur, votre lettre m’a fait du bien! Je suis une maman et une grand-maman, et je me tiens debout auprès des ETUDIANTS et j’en suis fière.

  30. Merci monsieur Philippe, très belle lettre.

    Quant à François le canadien, je n’ai aucune félicitations à lui faire et je crois que les réponses des autres interlocuteurs traduisent pour plusieurs le fonds de ma pensée.

    Pensez que le simple salarié paye jusqu’à près de 50% d’impôts sur la totalité de son salaire gagné à la force de son trvail. Est-il équitable que les plus riches de notre société, dont la majorité des revenus se composent de gains en capitaux, payent 50% sur seulement la moitié de ce type de revenus gagné assis sur leur c… en ne contribuant aucun effort de travail ??? (Le seul effort fourni ici est financier et lorsque l’argent nous sort par les oreilles, ce n’est pas un si grand effort à mon avis.)

  31. ludovic dit :

    Propos très pertinents et très bien argumentés,Monsieur Philippe!…J’abonde dans le même sens.Il y aurait tellement de choses à changer en profondeur dans nos strutures politiques,écoonomiques et sociales pour vivre véritablement dans une démocratie plus ouverte,plus participative et plus juste…Je soulignerais simplement qu’une hausse des frais de scolarité ,telle que prévue, aura un autre effet pervers à long terme sur les générations:démographiquement,il y a déjà peu de jeunes pour cotiser et contribuer à la retraite des moins jeunes.Avec des études renchéries,il y aura moins de jeunes qui étudieront et seront diplômés et comme les jeunes diplômés trouvent plus facilement un emploi que les non-diplômés, moins de diplômés signifie plus de chômeurs dans un monde où l’on demande de plus en plus de techniciens qualifiés formés à l’université ou dans les grandes écoles.Plus de chômeurs représente un coût humain plus important pour la société(plus un manque à gagner considérable en termes de payeurs de taxes pour l’État) et signifie aussi moins de cotisants pour la retraite des anciens à qui l’on demandera de travailler de plus en plus longtemps(et qui,en dépit des progrès de la médecine,auront de moins en moins de chances de pouvoir profiter de leurs vieux jours…)A quand la retraite à 80 ans?…Décidément,notre gouvernement libéral n’a aucune vision à long terme de la société…en dehors de son fameux Plan Nord!

  32. Guy Wera dit :

    Merci pour cet belle lettre, je fait suivre et ca m’arrive pas souvent. ON AVANCE ON AVANCE ON RECULE PAS, ON CRIE PLUS FORT POUR RÉVEILLÉ UN QUÉBEC QUI DORS, A VOS CASSEROLES CITOYENS Vous pourriez la donner a pleins d’Autre journaux français bin ouins Québecois en premier bien sur. merci encore

  33. Quel texte magnifique! Merci pour ce témoignage éloquent et ce bel espoir que vous nous offrez. S.v.p. continuez à vous exprimer ainsi sur les tribunes citoyennes.

  34. Bonjour,
    Merci, merci pour cette magnifique lettre. Je suis professeure et chercheure, et j’approuve entièrement cette analyse.
    Pour complément d’information voir aussi cet article
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/28/pourquoi-harvard-ne-fait-pas-rever_1707618_3232.html

  35. Jean Bergeron dit :

    Monsieur Philippe, vos propos frappent dans le mille. J’ai due abandonner mes études universitaires après ma deuxième année en chimie spécialisé, parce que mon père était dans la classe financière inférieure de la société (les bourses et les prêts étant insuffisants). Je suis retourné aux études pour un DEC avec des emprunts aux banques que le gouvernement payait les intérêts (je l’ai toujours considéré comme une vente financière aux banquiers) et l’étudiant, en travaillant, remboursait le capital et les intérêts. Je suis POUR la gratuité de l’éducation et je suis POUR la désobéissance à la loi 78. Je ne parlerai pas de certain rouage internes PARTIALS, aux quels j’ai fait face à l’université de Sherbrooke et que mon fils a fait face au CEGEP. Il est temps de la chance au coureur, riche ou, surtout, pauvre, de devenir notre élite scientifique de demain …
    Respectueusement vôtre.

  36. Que de paroles à point et sages! En tant qu’observateur de l’ouest… dit canadien, nous supportons ce mouvement et certainement pouvons constater que dans l’ouest … dit canadien, il devrait aussi avoir un tel mouvement d’écoeurite aigue envers nos charmants gouvernements et élus provinciaux et nationaux. La francophonie est ridiculisée et tenue à l’écart dans tous les sens du mot. Québec, nous arrivons avec nos casseroles pour ajouter à ce mouvement!
    Famille exilée et en instance de retour.
    :-)

  37. Monsieur Phillipe,
    Merci de cette lettre qui donne, surtout à ceux qui se contentent des commentaires de médias asservis aux puissances financières, un éclairssissement sur le triste état de la recherche et de l’éducation dans notre monde actuel.
    Les étudiants se sont levés pour protester contre des mesures financières qui vont hypothéquer encore plus grandement l’accès à la connaissance à ceux qui n’ont que de faibles moyens. De plus c’est un vaste mouvement de révolte contre tout ce qui depuis de nombreuses années a tranquillement favorisé l’écart entre les possédants et les « possédés » et tué petit à petit la démocratie . Celle-ci, à mon point de vue, doit contenir l’égalité pour tous mais aussi le respect de ses concitoyens et leurs droit de s’exprimer snas répréssion sauvage.
    Je tranmets immédiatement votre opinion à tout mon réseau qui contient aussi des septiques, démocratie oblige.
    Maxime Guignette

  38. Cher Philippe, merci d’avoir pris le risque de bien formuler vos commentaires !!! Ils sont justes, mais – ils effleurent seulement la question de l’éducation au Québec … ;-)
    Autrefois, en passant quelques années à Paris, j’ai eu l’occasion d’observer les événements du mois Mai 68 – maintenant j’observe ceux du mois Mai 2012 au Québec – en particulier à Montréal, où j’habite depuis 1969.
    Cette fois-ci les enjeux sont différents … Insoupçonnablement plus profonds … Les médias font tout pour les amener uniquement aux – frais de scolarité … Ce qui est évident – qu’elle doit être gratuite …
    Mais les Jeunes du Québec veulent et demandent Le Débat sur le fondement du système économique et de l’ensemble de l’éducation qui ne marchent plus … Et c’est cela qui commence à inquiéter au plus haut degré l’establishmment et ses « gardes champêtres » coinces entre les deux … ;-)
    Il faut réanimer l’ancien cri de ralliement – en l’actualisant: « on est sept millions – il faut se parler » ou – « on est sept millions – il faut tintamarrer » … ;-)

  39. François dit :

    Je suis perplexe face à cette lettre.

    Ce professeur affirme que « La vraie démocratie, … n’est pas la dictature de la majorité… » et « Comment peut-¬‐on respecter les minorités, si seul un vote tous les quatre ans est considéré comme suffisant ? »

    Si la décision de la majorité, exprimée lors d’élection libres, n’est pas l’expression de la démocratie que propose-t-il comme alternative?

    Ce que je vois à Montréal ressemble plutôt à la dictature de la minorité! Cela ne me paraît pas une solution viable…
    Voir une minorité d’étudiants paralyser une ville pour vilipender un gouvernement démocratiquement élu qui lui tient tête (et protester de ce fait contre une augmentation de frais de scolarité de quelques centaines de dollars par an, que n’importe qui est capable de se payer) me paraît aller à l’encontre de l’esprit démocratique.

    Ais-je tort?

Lettre ouverte au Premier ministre du Québec